Agnosticisme

Un gars commence à croire qu’il est le seul à ne pas avoir d’opinion sur le turban au soccer

12 juin 2013
turban
Crédit image : Nagarjun Kandukuru

Après avoir lu les journaux, écouté la radio et regardé les bulletins télévisés, un gars de Joliette a confirmé ce matin être «pas mal sûr» qu’il est la dernière personne au Québec à n’avoir aucune opinion sur le port du turban au soccer.

«Contrairement à l’ensemble de mes concitoyens, le fait que de jeunes sikhs puissent jouer au soccer avec un turban sur la tête n’avait jamais effleuré mon esprit avant que je vois un topo à la télé, a confié le jeune homme. Imaginez-vous donc que je pensais que cette question ne me concernait pas, que mon opinion n’avait aucune espèce de valeur dans le contexte et qu’il y avait des débats plus urgents à régler au Québec!»

«Je me sens un peu épais, je l’avoue», a-t-il ajouté.

Insistant sur le fait qu’il était «impressionné par la profondeur de la discussion et des analyses livrées dans les vox pop et les lignes ouvertes», l’homme a promis d’imiter ses compatriotes et de faire une recherche extensive sur le sikhisme et la symbolique du turban dans un contexte sportif avant d’ajouter son point de vue.

«Je remarque qu’il y a des centaines de milliers de spécialistes en multiculturalisme et en éthique du sport dans la province, et c’est intimidant pour un néophyte mal informé comme moi de se jeter dans l’arène. Mais j’y arriverai.»

L’homme a aussi fait remarquer que le débat sur le turban est l’un des rares à ne pas être «un prétexte pour la première ministre Marois et le gouvernement conservateur de marquer des points politiques auprès de leur électorat respectifs».

«C’est le fun de voir que nos leaders sont capables de mettre la partisanerie de côté pour débattre intelligemment d’une question aussi nuancée et complexe, a-t-il dit. Je me demande bien comment la population pourrait s’exprimer sans tout le sérieux et la profondeur introduits dans la sphère publique par les spins doctors de ces élites politiques.»

Au moment de mettre en ligne, l’homme soupirait profondément en apprenant l’existence d’un débat quant à l’influence du calendrier religieux sur les dates d’élections générales.


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