Matières résiduelles

Controverse autour d’un oléoduc transportant des déchets albertains jusqu’au fleuve Saint-Laurent

24 novembre 2014
fleuve
Les Québécois sont divisés sur ce projet de transport de déchets par oléoduc. − Crédit image : Andrea Schaffer

Un projet de pipeline servant à transporter des déchets domestiques de l’Alberta jusque dans le fleuve Saint-Laurent suscite l’ire des environnementalistes québécois, qui considèrent que la survie du cours d’eau sera menacée par l’afflux d’ordures produites par les familles de Calgary, Fort McMurray et Edmonton.

Selon les plans préliminaires du projet Détritus Est, ce sont plus de cinq tonnes métriques de déchets – pelures de pommes de terre, métal rouillé, eaux d’égout usées et vieux Kleenex souillés – qui seraient quotidiennement dompés au milieu du fleuve à la hauteur de Cacouna.

Le milieu des affaires estime que ce projet générera d’importantes retombées économiques pour les régions. «Il faut aller de l’avant pour assurer la sécurité pestilentielle du Canada à long terme, a affirmé un lobbyiste prodéchet. Économiquement, garrocher des cochonneries en plastique dans une pouponnière à bélugas est très sensée : on parle de rien de moins que cinq, voire six emplois saisonniers à temps partiel au salaire minimum sans avantages sociaux.»

La population est manifestement divisée quant aux bénéfices réels de ce projet ordurier.

«D’un côté, l’écosystème du fleuve est très fragile, unique au monde et survit déjà difficilement à des centaines d’années d’exploitation humaine, a analysé une femme. Mais de l’autre, il faut bien transporter les immondices d’une façon ou d’une autre. Si ce n’est pas avec un pipeline à cochonneries, les rebuts seront transportés en train, avec les dangers que cela suppose pour les riverains.»

Au moment de mettre en ligne, une première cargaison de batteries de char en provenance d’un gisement de cour à scrap flottait sur le Saint-Laurent.


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