Droit du travail

La Cour suprême ordonne à Wal-Mart de considérer ses employés comme des êtres humains

27 juin 2014
justice
La Cour a affirmé que le droit de Wal-Mart d’offrir «jour après jour des rabais alléchants» ne lui permettait pas pour autant d’agir comme «un boss aristocrate anglophone des années 30». − Crédit image : Michael Coghlan

Dans une décision historique qui aura un impact majeur sur les relations de travail au pays, la Cour suprême du Canada a ordonné ce matin à Wal-Mart de considérer ses employés comme «des êtres humains» qui possèdent «des droits élémentaires».

Le jugement lapidaire fait suite à la fermeture sauvage de la succursale de Jonquière en 2005 quelques mois après la formation d’un syndicat. «La preuve est irréfutable : Wal-Mart a agi avec ses travailleurs comme s’ils étaient une simple main-d’oeuvre jetable après usage et non des êtres vivants indépendants dotés d’intelligence», a écrit le juge Louis Lebel.

Le plus haut tribunal du pays a affirmé que le droit de Wal-Mart d’offrir «jour après jour des rabais tous plus alléchants les uns que les autres» ne lui permettait pas pour autant d’agir comme «un boss aristocrate anglophone des années 30».

Lors des plaidoiries, Wal-Mart avait plutôt fait valoir que l’humanité de ses travailleurs n’avait pas été prouvée hors de tout doute raisonnable. «La position historique de notre cliente a toujours été que les employés sont une marchandise comme le sont les boîtes de carton, les ampoules 60 watts et les cannes de soupe de tomate», avaient argumenté ses avocats.

Au moment de mettre en ligne, Wal-Mart proposait de dédommager les employés congédiés en leur offrant un rabais de 10 % pour tout achat de plus de 500 $.


Inscrivez-vous!