Sociologie de la communication

Personne ne sait pourquoi Stéphane Gendron a une tribune médiatique, conclut un sociologue

13 juillet 2013
gendron

Après cinq ans de recherches intensives partout au Québec, un sociologue a avoué ce matin qu’il n’avait trouvé absolument personne dans la province qui sait pourquoi le maire de Huntingdon Stéphane Gendron a droit à une tribune médiatique.

Le chercheur a expliqué avoir suivi plusieurs pistes intéressantes lors de son enquête, mais qu’en définitive, aucune raison concrète et valable ne parvient à expliquer de façon satisfaisante la présence de M. Gendron dans les médias.

«Aucune théorie de la communication n’inclut un tel phénomène dans son modèle, a-t-il dit. Cet homme n’a pas d’habiletés particulières en communications, n’a aucun champ d’expertise précis, n’a reçu aucune distinction honorifique, n’est pas très populaire, ne créé pas de richesse, ne propose aucun sujet de société, ne débat pas rationnellement, ne s’implique dans aucune cause sociale, n’est expert en rien, et il n’est pas riche.»

«Et pourtant, il y a des gens qui, consciemment, choisissent de mettre la radio ou la télé à tel ou tel poste dans le but précis d’apprendre l’opinion de M. Gendron sur les sujets de l’actualité. En tant que chercheur, c’est un sujet d’étude frustrant.»

L’universitaire a aussi noté qu’il n’a pas été prouvé hors de tout doute que M. Gendron soit si «coloré» et «controversé» que ça. «En plus, si c’était les seuls critères à respecter pour avoir le privilège d’occuper les ondes publiques, il y a une maudite gang de gazouilleurs qui seraient en ondes 24 heures par jour», a-t-il dit.

Bien qu’il reconnaisse que M. Gendron a probablement certaines aptitudes pour gérer une ville québécoise de taille moyenne, le chercheur doute fortement que ce seul état de fait soit suffisant pour expliquer l’immense attention médiatique qu’on lui accorde. «Pourquoi lui, et pas le maire de Rawdon ou la mairesse de Rosemère?» s’est-il questionné.

«Sérieux, si quelqu’un, quelque part, se souvient pourquoi cet homme en particulier mérite un auditoire, inscrivez-vous au doctorat en sociologie et venez défendre votre thèse, a-t-il lancé. Cette énigme est rendue trop grande pour moi.»

Au moment de mettre en ligne, un homme faisait parvenir au chercheur un obscur article de journal faisant référence à un couvre-feu supposément imposé aux adolescents d’Huntingdon au milieu des années 2000. «Ben voyons, ça se peut pas, a analysé le sociologue. C’est juste trop con!»


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